Sentiments et sensations

Voilà 4 jours que j'ai fait la 2ème chimio. Je suis en Italie chez moi et je profite du soleil et des moments que la vie m'offre.

Les douleurs se réveil le samedi durant la nuit et le dimanche après-midi. À nouveau cette douleur dans les os, cette sensation d'acidité, de tournevis... je tremble et je pleure comme si on avait tué quelqu'un. Je pleure comme si mes larmes étaient vues de là-haut et qu'on allait me faire disparaître ça.
Impossible, je le sais... mais pourtant mes yeux recherchaient la lumière, l'espoir que ça se termine.

Mon amoureux me masse le dos, je prend un anti-douleur et je tombe de fatigue et donc je dors...45 min environ...
Je me réveille pas au mieux de ma forme mais je me dis qu'au moins une chose est passée: la douleur.
Je sens beaucoup plus les ganglions, sensation de gonflement...comme si ça tapait, comme s'ils n'avaient plus assez de place.

Je parle à cette saloperie de maladie... je l'insulte. Je la défie de faire mieux, et je lui dis que je la laisse cohabiter tant que la chimio ne décide pas de l'achever, qu'elle est loin d'être si forte...

Lundi soir, je me prépare pour un moment en amoureux et donc je m'habille pour allez au restaurant.
On va manger japonais, sushis à volontés. Le top du top pour moi, odeurs > zéro. 😊

En me coiffant, en appliquant le gel plus exactement, je perds beaucoup je cheveux.. j'en retrouve sur ma jackette partout sur les épaules...comme si le coiffeur venait de me les coupés.

Je sors secouer tout ça dehors... je réalise que ça va pas être du gâteau.
Loin de là...

Ça me rend triste. Je trouve ça injuste et pourtant, je regarde le plus loins possible et je me rappel que si cette saloperie est en moi c'est que je dois apprendre de tout ça.
Pas simple à se le répéter en pleurant les mains pleines de cheveux, mais j'arrive à me convaincre que si cette maladie est là en moi c'est que seul toi peu la supporter. Que se soit mieux que se soit toi qui soit malade que quelqu'un que tu aimes... non?!

Enfin...je chercher à relativiser par n'importe quel moyen pour pas exploser. Pour pas hurler.

Une bonne respiration comme Namasté me les a apprisent. Et je rentre à nouveau. Ma maman me prend dans les bras et me dit que tout ça passera très vite, que heureusement : j'ai déjà coupé la longueur...
Sa voix me fait du bien, ses câlins font  du bien.

Je prend ma veste et part manger avec mon amoureux 😊
Sushis et glaces au programme.
Je prend même un bac de glace au Rhum pour mes parents, et on rentre.
Rien de très long une petite heure ensemble. Un souper de vacance normale.

Je me déshabille, une touffe de cheveux tombe. Ça m'énerve, je décide de les laver. Je me dis... si je les lavent maintenant.... ils tombent maintenant et donc pas pendant la nuit et au moins pas sur mon coussin!
Logique plus ou moins validée, psychologiquement... un peu moins. Pas simple de sentir ces cheveux dans ses mains... Je rince tout ça et je fini dans les bras de ma maman dans son lit, comme une enfant. Elle me demande de rester forte, comme je lui ai promis... je me reprend, et je décide d'aller dormir.

Simple à dire, dormir....
Dafalgan, Ibuprofen et enfin....dormir.
04:15 je me réveil je dors plus, les siestes et les douleurs décalent mes horaires. Du coup je pense que mon prochain challenge fasse au cancer est de trouver mon nouveau rythme, un nouveau rythme pour mon corps, un nouveau rythme pour mon esprit.

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